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 VENERABLE ANGELO RAMAZZOTTI (1800 – 1861)

P. Constanzo Donegana

 

Le vénérable Angelo Ramazzotti, fondateur de l’Institut des Missions Étrangères, fut une grande figure évangélique de Pasteur et de Missionnaire, totalement dédié à Dieu et au prochain.

Premières années et sacerdoce

Il nait à Milan en 1800 de parents originaires de Saronno ; une fois conclu les études primaires et le lycée, il s’inscrit à la faculté de droit de l’Université de Pavie et obtient la maîtrise en 1823. Après deux ans de stage, il laisse la carrière d’avocat pour entamer les études théologiques en vue du sacerdoce. Ordonné prêtre à Milan en 1829, le même jour il entre parmi les Oblats Missionnaires de Rho, une congrégation diocésaine consacrée à la prédication de retraites et de missions populaires. Il en est élu supérieur pour trois fois. Sa passion, en effet, est l’évangélisation, à laquelle il se dédie d’une manière infatigable dans le très vaste territoire du diocèse de Milan, allant jusqu’aux coins les plus reculés et difficiles des montagnes, partout où il y a besoin d’annoncer la parole de Dieu, d’administrer les sacrements, visiter et conforter les malades, entrant dans les maisons inhospitalières, mangeant la nourriture pauvre des habitants.

Une caractéristique que toujours brilla en sa vie fut l’esprit de pauvreté et l’amour pour les

pauvres. Déjà pendant les premières années de son sacerdoce, il aidait généreusement des

personnes dans le besoin et surtout, en 1837 ouvrit un oratoire à Saronno dans un ancien

couvent dont sa famille était devenue propriétaire, accueillant jusqu'à 300 enfants et jeunes.

En ce même lieu il installa un orphelinat, modelé sur le style d’une famille, où sa mère aussi,

restée veuve, suivait avec amour ces enfants. Écrit son premier biographe, P. Pietro Cagliaroli :

« Il se fait pauvre vraiment, pauvre et misérable aussi en habits pour donner du pain aux orphelins

et adolescents et satisfaire leur besoins matériels et spirituels ». 

Pendant les cinq journées de Milan sur la demande du gouvernement provisoire de la Lombardie,

il accueillit dans l’orphelinat seize enfants fils de soldats autrichiens, sans que cela troublât le

climat d’harmonie habituel dans cette Institution.

Pendant cette même période turbulente Ramazzotti avec d’autres prêtres oblats furent invités par le gouvernement même à faire œuvre de pacification entre les paysans de la Brianza en agitation. Il réussit dans l’entreprise, en faisant remarquer avec clarté aux autorités que le motif des désordres n’était pas politique, mais l’état d‘injustice que les paysans subissaient, exploités par quelques patrons.

Fondateur de l’Institut des Missions Étrangères

Angelo Ramazzotti cultivait dans le fond de son cœur l’idée de faire quelque chose pour les missions étrangères ou partant lui-même comme missionnaire ou aidant en quelque sorte quelques séminaristes, qui sentaient fortement cette vocation. Mais il avait des doutes, qui cependant sont résolus quand il parvint à savoir de la part d’un envoyé du Pape, que Pie IX désirait qu’en Lombardie naquît, avec la collaboration des évêques, un « Séminaire des missions Étrangères ».

Nommé entretemps évêque de Pavie (1849), il se mit tout de suite à l’œuvre, contactant les autres évêques lombards pour les impliquer dans l’œuvre. Le 1 décembre 1850 ils signèrent l’acte formel de fondation du Séminaire (ou Institut). Si cet acte fut du collège des évêques, doit cependant rester claire que l’inspiration prophétique originaire fut d’Angelo Ramazzotti, à qui va donc sans doute, le titre de fondateur du Séminaire (ou Institut) des Missions Étrangères de Milan, qui actuellement porte le nom de PIME (Institut Pontifical des Missions Étrangères), après l’union voulue par le pape Pie XI avec le Séminaire Pontifical Romain pour les Missions (1926). C’en est une preuve la sollicitude avec laquelle il suivit toujours l’Institut et ses premiers membres, quoique les circonstances l’aient porté lointain.  

 

Évêque de Pavie

Dans un premier moment à Pavie. Ramazzotti hérita un diocèse sans titulaire depuis cinq ans, parcouru de courants contrastants, comme la forte tension dans le clergé entre la ligne insurrectionnelle et celle encore favorable au pouvoir temporel du Pape. Le nouvel évêque était sur la position conservatrice, mais il sut avec sagesse et ouverture d’idées cultiver des rapports d’amitié et de collaboration avec les prêtres de l’autre tendance, leur confiant aussi des places de haute responsabilité.

En relation avec le gouvernement autrichien aussi, même en se démontrant sujet fidele, sut défendre avec clarté et force les prêtres politiquement libéraux de dispositions punitives des autorités. En d’autres cas il soutient l’indépendance de l’Église avec une telle force qu’il fut

Les prêtres : leur formation soit au séminaire qu’après, fut une de ses priorités et il parvient à vivre en communauté avec un groupe parmi eux, appelés « pères de famille ». Ils se consacraient surtout à la prédication des missions en plusieurs paroisses du diocèse, et le même évêque en donnait personnellement l’exemple (prêchant même en dialecte). Le vénérable Ramazzotti se considéra toujours et surtout un missionnaire.

L’autre versant de son être et agir était la charité envers les pauvres, que n’avait pas des limites. Il visitait régulièrement les malades dans les hôpitaux. Pour les jeunes filles sourdes muettes ouvrit une école, qu’il maintenait avec ses biens et qu’il confia aux sœurs Canossiennes. Celles-ci furent chargées aussi de sa part d’une école de 300 jeunes filles environ, au même moment il adapta quelques lieux de son évêché pour une école du soir pour l’instruction et formation professionnelle de 150 jeunes garçons. Une autre institution, la Pieuse Maison de l’Industrie accueillait quotidiennement de nombreux pauvres et Ramazzotti tous les jours les visitait, s’arrêtant pour causer avec eux, s’informant sur leurs vécus et sur leurs besoins.

Comme on le voit, Angelo Ramazzotti préférait investir en œuvres durables plutôt que se contenter simplement de l’aumône, que cependant ne négligeait pas, parce qu’il privilégiait le rapport personnel. Pour être reçu par lui il n’y avait pas besoin de recommandations ou des précédences, il suffisait se mettre en rang dans l’antichambre ; il accueillait tous indistinctement, riches et pauvres, personnalités et personnes anonymes.

En deux moments particuliers brilla sa charité héroïque. Pendant la terrible épidémie de choléra, qui dévasta la Lombardie en 1855, il se rendait personnellement au chevet des malades dans les lazarets au point que les médecins durent lui interdire. Et en occasion du débordement du Po’ et du Ticino[1] en 1857 on le vit se rendre personnellement dans les lieux plus touchés, marchant dans la boue jusqu’aux chevilles pour s’approcher des personnes, se rendre compte de la situation et ensuite organiser les secours.

 

Patriarche de Venise

Pour tous ces motifs, l’empereur d’Autriche le propose au siège patriarcal de Venise. Il y arriva en 1858 et y demeura seulement trois ans, jusqu'à 1861, consommé par la santé fragile et par son style de vie pauvre et totalement dédié aux autres. Pourtant, en ce peu de temps, il eut la manière de se distinguer par quelques décisions significatives, comme en premier lieu, la convocation et réalisation du Concile Provincial du Triveneto (dont il était primat), pendant lequel les évêques de la région affrontèrent ensemble les problèmes les plus importants de l’Église de leur région. Il entreprit la visite pastorale, commençant par les paroisses les plus pauvres de l’Estuaire et défiant les prêtres de demander d’y être affectés. Il continua à préférer les pauvres. Cagliaroli témoigne : « La cours, l’antichambre, quelquefois, on peut dire que fourmillassent ». Et continue : « Dans les derniers temps, toujours augmentant les besoins des pauvres (…), il ordonna qu’on vende l’argenterie de la maison ».

Le 26 février 1861 l’empereur d’Autriche, Francesco Giuseppe, le nomma député de la Chambre des Messiers Conseil de l’Empereur. Ramazzotti parlait parfaitement l’allemand et put participer activement à une réunion à Vienne, défendant le point de vue de l’Eglise sur le mariage et obtenant la libération de quelques prêtres vénitiens détenus pour des motifs politiques.

Le 10 aout de la même année le cardinal Antonelli, secrétaire d’état du pape, lui communiqua la décision de Pie IX de l’élever au cardinalat. A contre cœur le Patriarche consentit, faisant pourtant savoir : « Je me trouverai absolument impuissant à soutenir les dépenses qu’on doit faire à l’occasion des nominations cardinalices ». Les pauvres avaient épuisé ses avoirs !

Le vénérable Angelo Ramazzotti ne rejoint pourtant pas le cardinalat, parce qu’il meurt le 24 septembre, trois jours avant le consistoire secret pendant lequel le Pape l’aurait élevé à cette dignité.

La cause de béatification du Vénérable Angelo Ramazzotti a été démarrée, conclue dans la phase d’étude. Il manque seulement la démonstration d’un miracle accompli par son intercession.

 

Pour en savoir plus :

Mauro Mezzadonna UN ÉVÊQUE TOUJOURS MODERNE « Un saint digne des autels » Vénérable Angelo Ramazzotti (1800 – 1861) Évêque de Pavie  Patriarche de Venise  Fondateur du P.I.M.E. Traduction de l’italien : P. Francisco Vicente da Silva Supervision : Annie Josse

Composition du livre du p. Mezzadonna et des articles du p. Donegana, p. Lazzarotto et p. Zoccarato par p. Giuseppe Parietti

Polycopié par le Séminaire Vénérable Angelo Ramazzotti Yaoundé 2021

 

 

[1] Le Po’ c’est le fleuve le plus long d’Italie et le Ticino c’est l’un de ses affluents.

Contacts :

P. Rupak (Recteur) +237 6 92 46 63 28
P. Henri Michel Agniman (Vice-Recteur) +237 6 86 73 91 02
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